lundi, décembre 18, 2006

Obernai (Alsace), septembre 2006


Que fait cette jeune personne à sa fenêtre? Attend-elle quelqu’un ? Est-elle entrain d’observer les allées et venues un bas de chez elle ? Rêvasse-t-elle ? A quoi ?
L’ouverture sur la libre interprétation de l’observateur est inscrite dans la photo ; elle n’en est certes pas le sujet, mais elle en est la condition : cette image ne montre rien que nous n’ayons d’abord introduit en provenance de notre imagination.

mercredi, octobre 04, 2006

??? septembre 2006


Cliché Elisabeth Depasse
Il s'agit là d'un détournement d'images, résultant du recadrage d'une photo montrant des bottes abandonnées par des ouvriers sur un chantier déserté.
Autrement dit, d'une image montrant l'attitude des hommes, on fait une image illustrant une situation humaine figurée par des objets. L'inscription ajoutée est sans doute lourdement explicative. Je la ferai sans doute sauter un jour ou l'autre !

vendredi, septembre 22, 2006

Strasbourg, 12 septembre 2006

Cliché Anne-Marie Hamel
Cette mignonne image pour illustrer la nouveauté représentée par le numérique. Autrefois, jamais le photographe amateur de base n'aurait eu immédiatement près, sous la main, automatique, etc.. l'appareil toujours disponible pour saisir l'occasion qui se présente. Ici un moineau sur le menu du restaurant : il est évident, vu comment il est perché qu'il ne va pas y rester plus de 10 secondes. Un temps suffisant grâce à la technologie.
Merci, la technologie !

dimanche, août 27, 2006

Reims, quartier Zola, 30 juillet 2006


Il ya des photos qu'on apprécie diiféremment selon la manière dont elles ont été prises. Un exemple ? Doisneau avec son fameux baiser. Lorsqu'on a su qu'elle était posée, avec des personnages choisi pour ça, j'ai été déçu. Je ne pouvais plus voir cette image comme la manifestation d'exubérance et de vitalité dans le Paris de la Libération...
Alors quoi ? S'agit-il ici d'une chaussure abandonnée sur la pavé, près d'un square jonché au petit matin de canettes vides ; ou bien ai-je retiré ma chaussure pour la disposer artistiquement sur le trottoir avant d'en faire la photo que vous voyez ?

mercredi, août 09, 2006

Reims, 6 juillet 2006


Cette photo pour célébrer le souvenir de mai 68 et la chanson de J. Dutronc qui a accompagné les manifs' de cett époque : "Il est 5 heures, Paris s'éveille... ".
Pourquoi ? Parce que la suite de la chanson dit : "Et sur le boulevard Montparnasse / La gare n'est plus qu'une carcasse" Et en effet la Gare Montparnasse ressemblait à l'époque à cette carcasse d'immeuble, avec des manifestants perché tout en haut de l'édifice, comme les Indiens des westerns sur le sommet de la colline, prèt à l'attaque...
Tout ça pour ça...

Reims, Parc de Champagne, le 7 août 2006


Voilà l'occasion de montrer comment la nature peut se confondre avec les créations humaines. Car je ne peux voir cette image sans penser immédiatement au tissu imprimé de fleurs (le liberty je crois).
En tout cas un grand merci à l'art des jardiniers de la Ville de Reims qui nous offrent ainsi un spectacle aussi élaboré et pourtant si "naturel"

dimanche, juillet 30, 2006

Caves Pommery, à Reims le 23 juillet 2006

Cette photo pourrait figurer dans une revue de jeu de vacances sous la rubrique « Devinez ce que c’est » avec des réponses à choix multiple du genre : des canettes de bière, un panneau solaire pour le nouveau satellite météo, un test d’illusion optique…

Hors mis la difficulté d’identification (car il s’agit de bouteilles de champagne qui n’ont pas encore reçu leur bouchon de liège), j’ai cherché dans cette photo le contraste entre lumière et opacité et le rythme des cercles.

Seul le morceau de bois dans le bas (étagère ???) vient rompre ce rythme et donc en même temps en souligner l’existence. C’est pourquoi je l’ai gardé.

mardi, mai 30, 2006

Chateau de Pierrefonds, 25 mai 2006

Alors, paparazzi ou reporter embastillé par un dictateur ombrageux ?
Je crois que le mieux est de ne pas distinguer et de faire comme si ces deux interpétations se recouvraient sans se contredire.

dimanche, février 19, 2006

Sens, ?? 2004


Cliché Vincent Hamel

Un profil, tourné vers la droite (= avenir) ; un arc-en-ciel estompé qui est entrain de s'élancer vers le ciel. Voici une image de l'espoir qui pourrait servir à une affiche pour campagne électorale (Tous les droits sont réservés sur cette image !)
Mais pour moi l'intérêt de cette photo réside dans la densité des couleurs qui rend manifeste par exemple le climat orageux. Or la contrepartie est le profil charbonneux du premier plan: faut-il déboucherles obmres qui obscurcissent ce profil ?
L'essai le confirme : cette photo perd une bonne partie de sa force qur le visage est éclairé. Non qu'il soit inintéressant. Mais parce que le cliché esqt déséquilibré : l'essentiel cesse d'être ce que l'on a dit en commençant, mais devient l'expression du visage. C'est alors tout autre chose.

jeudi, février 16, 2006

Saint-Affrique, juillet 2005


Cliché Vincent Hamel

Adorable photo d’adorables pieds d’un adorable bébé.
Y a-t-il quelque chose à ajouter ? Que le réalisme de l’image nous donne envie d’embrasser ces orteils ? Ou d’en chatouiller la plante ?

Pourquoi pas, mais cela, il n’est pas utile de le dire. En revanche, ce qui m’intéresse ici, c’est la définition du premier plan. On dit : « il faut un premier plan pour structurer une composition ». Bien. Mais pas de premier plan sans second plan. Et dans cette perspective, le second plan est l’essentiel, puisque c’est lui qui en principe est mis en valeur par le premier plan.
Or, ici, c’est juste l’inverse. L’essentiel est le premier plan, et le second plan est là pour donner de la signification et de la profondeur à l’image: découpez - mentalement - les pieds pour ne garder qu’eux : que manque-t-il à la photo ?

Le sujet : ce sont des pieds de bébé

Le sens : ce sont les pieds "endormis" (= d’un bébé qui dort)

L’intention : ce sont ces pieds-là qui sont importants (disproportion du 1er plan)

mardi, janvier 31, 2006

Gif-sur-Yvette, 28 janvier 2006

C'est une image qui n'appelle pas de commentaires tant le détournement du fer à repasser en navette spatiale est évident.
Par contre c'est une photo qui illustrera assez bien la nécessité d'avoir un propos et une idée précise de ce qu'on veut avant de la prendre . Je veux dire que tant l'angle de la prise de vue que pour le cadrage très serré, voire même pour l'éclairage "en coup de phare", ce sont des choses qu'on ne rajoute pas après coup parce quel'idée en est venue.
Bonne ou mauvaise, ce n'est pas une photo qu'on fait par hasard. Donc effectivement, si elle est mauvaise, il faut en assumer la responsabilité !

mardi, janvier 24, 2006

Pointe de Penhir, Juillet 2005


Le pittoresque du personnage, son béret basque dans un paysage où on attendrait plutôt un bonnet de marin, son attitude appliquée pour prendre sa photo, tout le désignait pour devenir à son tour le sujet d’une photo.

Ce qui pose problème, c’est encore une fois le choix du cadrage. Fallait-il cadrer le modèle photographié par le personnage ? En le faisant, je crois qu’on perdait de l’intérêt, en mettant en image une scène bien banale (le sujet était apparemment le petit fils du photographe), qui détournait du pittoresque du monsieur, un français typique qu’on s’attend à voir dans la rue de son village avec sa baguette de pain sous le bras, ou à la table du bistrot en train de jouer aux dominos, et non dans ce paysage grandiose de la côte bretonne. D’où aussi le choix de ne pas cadrer serré sur le personnage central pour laisser de l’espace au paysage.

lundi, janvier 23, 2006

Lyon, Août 2004

Cliché Hadrien HAMEL


Au départ quelque chose de courant : le singe, dans sa cage, regarde les spectateurs qui le regardent. Du fait de l’humanité de l’animal on se demande qui est spectateur de qui ; et donc qui est dans la cage.

Seulement, ici des vitres, qui protègent le singe du froid, reflètent l’image du public (y compris celle du photographe) et on voit l’un et les autres sur le même plan.

Et du coup l’image devient ambiguë :

  • ou bien elle est double et elle nous offre le champ et le contre champ sur un même plan ;
  • ou bien elle suggère qu’il n’y a qu’un plan, que les spectateurs sont eux mêmes dans la cage, et donc que nous qui regardons la photo sommes promus au rang de « spectateurs » de cette étrange scène.
  • Ou encore l’aspect fantomatique du cliché nous invite à croire qu’il s’agit de l’imagination de ce pauvre animal que écrase son museau contre la vitre, revit la journée passée, attend la prochaine - faute d’espérer en sortir.

Rêve de singe comme dirait Marco Ferreri

samedi, janvier 21, 2006

Finistère, juillet 2005

Un chien noblement assis, attend semble-t-il un ordre pour se mettre en mouvement. Sa laisse est attachée à une remorque où se trouve installée un canot à moteur de bonne taille.
Tout est dit à ce qu'il semble. L'effet insolite est perçu avant même d'avoir été désigné, et dire en plus ce que semble faire ce chien, c'est dire en trop.
Voilà l'occasion de dire ce que doit être le bon usage du texte par rapport à l'image sur ce Blog ; il doit être le révélateur d'un sens qui ne se manifeste pas spontanément, qu'il soit occulté par un autre plus évident, ou qu'il dépende d'un point de vue qu'on n'a pas forcément. Tout le reste affaiblit l'image au lieu de la renforcer.
Ici on ne peut révéler grand chose, sauf peut-être insister sur la fierté de l'animal, qu'on met en rapport avec l'attelage. Car ce canot, ne serait-il pas un peu m'as-tu-vu dans mon joli bateau ? Si on n'y pense pas, alors à coup sûr, le chien, lui, il y pense !

jeudi, janvier 19, 2006

Lille, 4 août 2005


Ceci est un essai d’inscription, à l’intérieur de la photo, d’un sens superposé au sens littéral de la photo.

Il s’agit donc d’une photo de calèche destinée à promener les touristes dans le vieux Lille ; banal. La jeune femme qui la conduit (déjà ce n’est pas un vieux type déguisé en cocher ; bon), lit un bouquin en attendant le candidat à la promenade. Re-bon.

Seulement son attitude, ainsi que celle du cheval fait croire qu’elle lui fait la lecture : il ne reste plus qu’à imaginer en quoi ça consiste.

Maintenant, reste à dire s’il est opportun de l’écrire dans la photo (comme légende), ou s’il vaut mieux n’en rien faire et laisser chacun libre d’imaginer ce qu’il veut.
Si j’ai légendé c’est parce que je suppose que, grâce à cela, le comique de la situation s’impose d’un seul coup et qu’ainsi il est plus fort. Ai-je eu raison ?

mercredi, janvier 11, 2006

Environs de Saint-Affrique, juillet 2005


Une croix de granit (ou presque) dans un décor de montagne.
Une femme - manifestement de "petite taille" - assise au pied de la croix.
Voilà une image romantique à souhait, presque médiévale avec son lot de mystère et d'étrangeté.
Seulement un détail fait tout basculer: la femme n'est pas entrain de méditer sur les beautés de la montagne, et encore moins sur un méchant sort à jeter sur ses ennemeis ; elle n'égrenne pas non plus un chapelet. Entre ses doigts, elle tient un téléphone cellulaire dont elle active le clavier.
Fini le romantisme, fini l'étrangeté ; même dans les lieux les plus reculés on trouve le moyen de communiquer avec le reste du monde sans recourir au surnaturel. Même ici le téléphone passe !

Certes cette photo n'est pas d'une beauté fracassante (elle aurait pu l'être avec un peu plus de talent ou de patience) ; mais elle apporte ce que je recherche : c'est du sens qui nous prend par surprise, comme si l'image elle-même parlait pour nous dire autre chose que ce que nous attendions.

dimanche, janvier 08, 2006

Pointe de Penhir, juillet 2005

Que fait cette mouette ? De l'exercice physique ? Un geste gracieux pour se faire admirer des touristes ? Ou tout simplement est-elle entrain d'étirer son aile (et sa patte) au soleil ?
Mais peut-être faut-il s'intéresser plutôt à son compagnon, bien planté sur ses deux pattes, lui, et qui évoquerait le réalisme de l'oiseau habitué au sérieux requis par les dures conditions de la météo marine.
Elle (la mouette) et lui (le compagnon) : voilà comme les attitudes supposées du masculin et du féminin sont attibuées à ces oiseaux : la futilité fémine, et le sérieux masculin.
Preuve qu'on est toujours sous l'influence de ces stéréotypes culturels. Pauvres oiseaux !

samedi, janvier 07, 2006

Bery-au-Bac, entrepôt de chiffoniers d'Emmaüs, date=?

Le bric-à-brac de chiffoniers est encore une source de surprise pour le photographe avisé qui n'oublie pas l'appareil photo à la maison même quand il va chiner.
Beaucoup d'artistes ont exploité la multiplication - voire le sur-entassement - d'objets identiques pour obtenir des effets esthétiques : on oublie la fonction pour ne plus voir que la forme, on arrive même parfois à une abstraction surprenante.
Sans aucune de ces prétentions, j'ai surtout cherché avec cette photo à obtenir une stimulation de l'imagination grâce au découpage du sujet. Je veux dire qu'il ne s'agit pas d'une recherche de cadrage, mais plutôt de l'élimination de tout le désordre d'objets qui, autour de ces bonbonnes, empèchait de les voir comme un moutonnement de formes et de couleurs, ou - pourquoi pas - comme une foule d'hommes aux larges épaules terminés par un cou sans tête...

dimanche, janvier 01, 2006

Juillet 2005, pas loin de Saint-Affrique

Le premier problème quand on photographie un paysage, c'est la composition : j'aime bien avoir un point fort dans l'image qui concentre le regard au lieu de le laisser errer. Ici, c'est la mare qui en tient lieu.
Le second problème consiste à trouver un paysage qui supporte le format réduit de la photo sans perdre tout son intérêt. C'est ce que j'ai tenté de trouver ici dans la mesure où on peut oublier que c'est aussi un paysage, et considérer cette imge comme un jeu de lignes et de surfaces colorées ; bref, comme une composition non figurative.