mardi, janvier 31, 2006

Gif-sur-Yvette, 28 janvier 2006

C'est une image qui n'appelle pas de commentaires tant le détournement du fer à repasser en navette spatiale est évident.
Par contre c'est une photo qui illustrera assez bien la nécessité d'avoir un propos et une idée précise de ce qu'on veut avant de la prendre . Je veux dire que tant l'angle de la prise de vue que pour le cadrage très serré, voire même pour l'éclairage "en coup de phare", ce sont des choses qu'on ne rajoute pas après coup parce quel'idée en est venue.
Bonne ou mauvaise, ce n'est pas une photo qu'on fait par hasard. Donc effectivement, si elle est mauvaise, il faut en assumer la responsabilité !

mardi, janvier 24, 2006

Pointe de Penhir, Juillet 2005


Le pittoresque du personnage, son béret basque dans un paysage où on attendrait plutôt un bonnet de marin, son attitude appliquée pour prendre sa photo, tout le désignait pour devenir à son tour le sujet d’une photo.

Ce qui pose problème, c’est encore une fois le choix du cadrage. Fallait-il cadrer le modèle photographié par le personnage ? En le faisant, je crois qu’on perdait de l’intérêt, en mettant en image une scène bien banale (le sujet était apparemment le petit fils du photographe), qui détournait du pittoresque du monsieur, un français typique qu’on s’attend à voir dans la rue de son village avec sa baguette de pain sous le bras, ou à la table du bistrot en train de jouer aux dominos, et non dans ce paysage grandiose de la côte bretonne. D’où aussi le choix de ne pas cadrer serré sur le personnage central pour laisser de l’espace au paysage.

lundi, janvier 23, 2006

Lyon, Août 2004

Cliché Hadrien HAMEL


Au départ quelque chose de courant : le singe, dans sa cage, regarde les spectateurs qui le regardent. Du fait de l’humanité de l’animal on se demande qui est spectateur de qui ; et donc qui est dans la cage.

Seulement, ici des vitres, qui protègent le singe du froid, reflètent l’image du public (y compris celle du photographe) et on voit l’un et les autres sur le même plan.

Et du coup l’image devient ambiguë :

  • ou bien elle est double et elle nous offre le champ et le contre champ sur un même plan ;
  • ou bien elle suggère qu’il n’y a qu’un plan, que les spectateurs sont eux mêmes dans la cage, et donc que nous qui regardons la photo sommes promus au rang de « spectateurs » de cette étrange scène.
  • Ou encore l’aspect fantomatique du cliché nous invite à croire qu’il s’agit de l’imagination de ce pauvre animal que écrase son museau contre la vitre, revit la journée passée, attend la prochaine - faute d’espérer en sortir.

Rêve de singe comme dirait Marco Ferreri

samedi, janvier 21, 2006

Finistère, juillet 2005

Un chien noblement assis, attend semble-t-il un ordre pour se mettre en mouvement. Sa laisse est attachée à une remorque où se trouve installée un canot à moteur de bonne taille.
Tout est dit à ce qu'il semble. L'effet insolite est perçu avant même d'avoir été désigné, et dire en plus ce que semble faire ce chien, c'est dire en trop.
Voilà l'occasion de dire ce que doit être le bon usage du texte par rapport à l'image sur ce Blog ; il doit être le révélateur d'un sens qui ne se manifeste pas spontanément, qu'il soit occulté par un autre plus évident, ou qu'il dépende d'un point de vue qu'on n'a pas forcément. Tout le reste affaiblit l'image au lieu de la renforcer.
Ici on ne peut révéler grand chose, sauf peut-être insister sur la fierté de l'animal, qu'on met en rapport avec l'attelage. Car ce canot, ne serait-il pas un peu m'as-tu-vu dans mon joli bateau ? Si on n'y pense pas, alors à coup sûr, le chien, lui, il y pense !

jeudi, janvier 19, 2006

Lille, 4 août 2005


Ceci est un essai d’inscription, à l’intérieur de la photo, d’un sens superposé au sens littéral de la photo.

Il s’agit donc d’une photo de calèche destinée à promener les touristes dans le vieux Lille ; banal. La jeune femme qui la conduit (déjà ce n’est pas un vieux type déguisé en cocher ; bon), lit un bouquin en attendant le candidat à la promenade. Re-bon.

Seulement son attitude, ainsi que celle du cheval fait croire qu’elle lui fait la lecture : il ne reste plus qu’à imaginer en quoi ça consiste.

Maintenant, reste à dire s’il est opportun de l’écrire dans la photo (comme légende), ou s’il vaut mieux n’en rien faire et laisser chacun libre d’imaginer ce qu’il veut.
Si j’ai légendé c’est parce que je suppose que, grâce à cela, le comique de la situation s’impose d’un seul coup et qu’ainsi il est plus fort. Ai-je eu raison ?

mercredi, janvier 11, 2006

Environs de Saint-Affrique, juillet 2005


Une croix de granit (ou presque) dans un décor de montagne.
Une femme - manifestement de "petite taille" - assise au pied de la croix.
Voilà une image romantique à souhait, presque médiévale avec son lot de mystère et d'étrangeté.
Seulement un détail fait tout basculer: la femme n'est pas entrain de méditer sur les beautés de la montagne, et encore moins sur un méchant sort à jeter sur ses ennemeis ; elle n'égrenne pas non plus un chapelet. Entre ses doigts, elle tient un téléphone cellulaire dont elle active le clavier.
Fini le romantisme, fini l'étrangeté ; même dans les lieux les plus reculés on trouve le moyen de communiquer avec le reste du monde sans recourir au surnaturel. Même ici le téléphone passe !

Certes cette photo n'est pas d'une beauté fracassante (elle aurait pu l'être avec un peu plus de talent ou de patience) ; mais elle apporte ce que je recherche : c'est du sens qui nous prend par surprise, comme si l'image elle-même parlait pour nous dire autre chose que ce que nous attendions.

dimanche, janvier 08, 2006

Pointe de Penhir, juillet 2005

Que fait cette mouette ? De l'exercice physique ? Un geste gracieux pour se faire admirer des touristes ? Ou tout simplement est-elle entrain d'étirer son aile (et sa patte) au soleil ?
Mais peut-être faut-il s'intéresser plutôt à son compagnon, bien planté sur ses deux pattes, lui, et qui évoquerait le réalisme de l'oiseau habitué au sérieux requis par les dures conditions de la météo marine.
Elle (la mouette) et lui (le compagnon) : voilà comme les attitudes supposées du masculin et du féminin sont attibuées à ces oiseaux : la futilité fémine, et le sérieux masculin.
Preuve qu'on est toujours sous l'influence de ces stéréotypes culturels. Pauvres oiseaux !

samedi, janvier 07, 2006

Bery-au-Bac, entrepôt de chiffoniers d'Emmaüs, date=?

Le bric-à-brac de chiffoniers est encore une source de surprise pour le photographe avisé qui n'oublie pas l'appareil photo à la maison même quand il va chiner.
Beaucoup d'artistes ont exploité la multiplication - voire le sur-entassement - d'objets identiques pour obtenir des effets esthétiques : on oublie la fonction pour ne plus voir que la forme, on arrive même parfois à une abstraction surprenante.
Sans aucune de ces prétentions, j'ai surtout cherché avec cette photo à obtenir une stimulation de l'imagination grâce au découpage du sujet. Je veux dire qu'il ne s'agit pas d'une recherche de cadrage, mais plutôt de l'élimination de tout le désordre d'objets qui, autour de ces bonbonnes, empèchait de les voir comme un moutonnement de formes et de couleurs, ou - pourquoi pas - comme une foule d'hommes aux larges épaules terminés par un cou sans tête...

dimanche, janvier 01, 2006

Juillet 2005, pas loin de Saint-Affrique

Le premier problème quand on photographie un paysage, c'est la composition : j'aime bien avoir un point fort dans l'image qui concentre le regard au lieu de le laisser errer. Ici, c'est la mare qui en tient lieu.
Le second problème consiste à trouver un paysage qui supporte le format réduit de la photo sans perdre tout son intérêt. C'est ce que j'ai tenté de trouver ici dans la mesure où on peut oublier que c'est aussi un paysage, et considérer cette imge comme un jeu de lignes et de surfaces colorées ; bref, comme une composition non figurative.