lundi, janvier 23, 2006

Lyon, Août 2004

Cliché Hadrien HAMEL


Au départ quelque chose de courant : le singe, dans sa cage, regarde les spectateurs qui le regardent. Du fait de l’humanité de l’animal on se demande qui est spectateur de qui ; et donc qui est dans la cage.

Seulement, ici des vitres, qui protègent le singe du froid, reflètent l’image du public (y compris celle du photographe) et on voit l’un et les autres sur le même plan.

Et du coup l’image devient ambiguë :

  • ou bien elle est double et elle nous offre le champ et le contre champ sur un même plan ;
  • ou bien elle suggère qu’il n’y a qu’un plan, que les spectateurs sont eux mêmes dans la cage, et donc que nous qui regardons la photo sommes promus au rang de « spectateurs » de cette étrange scène.
  • Ou encore l’aspect fantomatique du cliché nous invite à croire qu’il s’agit de l’imagination de ce pauvre animal que écrase son museau contre la vitre, revit la journée passée, attend la prochaine - faute d’espérer en sortir.

Rêve de singe comme dirait Marco Ferreri

Aucun commentaire: